mardi 8 mars 2011

Le Dé- vertissement

"Tel homme passe sa vie en jouant tous les jours peu de chose. Donnez- lui tous les matins l'argent qu'il peut gagner chaque jour, à la charge qu'il ne joue pas, vous le rendrez malheureux. On dira peut -être que c'est qu'il cherche l'amusement du jeu et non pas le  gain. Faites- le donc jouer pour rien, il ne s'y échauffera pas et s'y ennuiera. Ce n'est donc pas l'amusement seul qu'il recherche. Un amusement languissant et sans passion l'ennuiera." Pascal Pensées, 136
Voilà pour le diagnostic. Le docteur Rhinehart, un psychiatre new- yorkais, s'ennuie profondément. Sa vie oscille entre le désespoir et l'ennui, supporter des collègues psychiatres à la recherche d'une reconnaissance professionnelle, écouter les maux de ses patients au quotidien, s'ébahir devant sa progéniture au comportement infantile. Sa femme aimante? même le sexe est devenu pour lui bien pâle.  
"Le progrès de la civilisation se paie d'une perte de bonheur du fait de l'accroissement du sentiment de culpabilité." Freud Malaise dans la civilisation
Très bien Docteur Freud. Luke Rhinehart après une soirée arrosée souhaite se libérer de ce sentiment de culpabilité; il trouve deux dés, imagine plusieurs voies que sa vie pourrait empreinter et lance les paris.
L'assaut sexuel sur la femme de son collègue psychiatre, et voisine, est retenu. Ce passage à l'acte ouvre la boîte de Pandore.
Luke Rhinehart s'invente alors une nouvelle Dé- vie, période d'apprentissage de toutes les potentialités offertes. Dé- viance. Pas vraiment, il n'est pas question de morale. Rhinehart laisse la moraline à son cercle psychiatrique décontenancé, à sa femme meurtrie et à la société inquiète. Le FBI regarde de près ce souffle de liberté en pleine période mouvementée, guerre du Vietnam, débat sur la légalisation de la marijuana, révoltes étudiantes.
Jusqu'où Luke Rhinehart le Dé est- il prêt à conduire les Hommes pour se réaliser? 
Porter le Dé-lire comme modèle?
L'homme- dé de Luke Rhinehart Editions de L'Olivier  

vendredi 4 mars 2011

Principe de plaisir

Stephania Sandrelli, 1971

On board - Montparnasse 19



Edward Hopper, Reclining Nude, 1924 – 1927.

Film  de Jacques Becker sur Modigliani et Jeanne Hébuterne. Un peintre ravagé par ses démons et par l'alcool. Modigliani, "Modi" dans le film, maudit. Jeu sur le signifiant.
Et cette question, plus que les yeux et le regard de ses modèles: autant de toiles de Modigliani sur les femmes (350/400?), qu'a- t- il voulu nous dire?
 

jeudi 3 mars 2011

On board - un rêve californien


Chunking Express (1994)
Instant rapide de la rencontre. Des histoires d'amour en forme de trajectoire. Le hasard provoque les rencontres. Wong Kar Wai donne des rendez- vous amoureux à des inconnus. 
Mais il n'a pas dit quand.
Quand? le moment viendra. Le regard se fera lunette; un heur, le corps se fera attachement. 
Un flic se retouve à parler avec une savonnette qui perd du poids, à manger des sardines qui n'en sont pas.
Un avion, une clé, une lettre servent de liens amoureux. 
Une inventivité visuelle et narrative pour créer des passerelles sentimentales entre les personnages. Ce film malicieux fait de la douceur une vertu cardinale. 

mercredi 2 mars 2011

On board - As tears go by (1988)


Ce film sonne comme une promesse.Tout est déjà là?
Des personnages qui se croisent,
Des amours qui se font,
On se défait, on est défait,
On s'épie. On rate, on se rate.
Bien sûr, c'est un peu maniéré; des ralentis obsédants, des jeux de couleur, une bande son omniprésente, des regards en gros plan surjoués.
Premier film de Wong Kar Wai.
Quelques moments de grâce et de sensualité.

Principe de plaisir



Anita Ekberg, Georg Oddner- 1953